Solennité du jour : 3 avril 2021 GRAND ET SAINT SAMEDI

GRAND SAMEDI Début de la vigile pascale.

Le Christ est endormi au tombeau en attendant l’heure de sa descente aux enfers et de sa Résurrection. La prière de l’Église est toute entière pénétrée d’un profond sentiment de foi et d’espérance .

Au IVe siècle, à Jérusalem, nous apprend la pèlerine Éthérie, la coutume était de veiller dans la nuit du vendredi au samedi en récitant hymnes et antiphones. Dans la journée, les catéchumènes recevaient le baptême et on les conduisait en procession du baptistère à la basilique de la Résurrection, où, vers le soir, se célébrait la Sainte Liturgie.

Aujourd’hui, les matines du Grand Samedi (elles se célèbrent habituellement le vendredi soir) sont caractérisées par un poème en trois stances formant un long «thrène» que les saintes femmes sont censées chanter autour du tombeau. Elles sont suivies d’une nouvelle procession avec l’épitaphios. Cette cérémonie, appelée couramment «Funérailles du Christ», est très populaire en Orient.

Dans l’office de ce jour passe déjà le souffle de la Résurrection, car l’Église sait que l’effacement du Christ n’est que temporaire et que son séjour au tombeau n’est que le sommeil réparateur, succédant à un dur combat et précédant un éclatant triomphe.

Les Vêpres de ce jour, unies à la Liturgie de S. Basile, commencent la grande vigile pascale qui devrait se prolonger sans interruption, par l’office de minuit, les matines et la Liturgie de la Résurrection, jusqu’à l’aurore de Pâques. Elle commençait vers 5 h. du soir par la célébration des vêpres de Pâques, jusqu’au chant de l’hymne à la « joyeuse lumière », avec la bénédiction du feu nouveau et du cierge pascal : vestiges de l’antique usage d’allumer rituellement les lampes au début de toute vigile liturgique, tandis que l’on chantait l’hymne à la « joyeuse lumière ».

Venaient ensuite 15 lectures bibliques de l’Ancien Testament, interrompues par le chant de cantiques scripturaires. Elles nous remettent devant les yeux les épisodes les plus saillants de l’histoire sainte et les figures les plus belles du mystère pascal.

On procédait alors au baptême des catéchumènes, qui occupait une bonne partie de la sainte nuit.

Celle-ci était avancée quand se célébrait la Liturgie, qui commençait sans doute, alors comme aujourd’hui, par le chant du verset : « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ ». Dans l’Épître, l’Apôtre explique le mystère de notre régénération dans le Christ. Au lieu de l’Alléluia ordinaire, on fait suivre la lecture de l’Épître du chant de tout le Psaume 81, dont le dernier verset, employé comme refrain, est pris pour une allusion directe à la Résurrection du Christ. L’Évangile, tiré de S. Matthieu, est l’annonce joyeuse du Christ sorti vivant de son tombeau.

La Liturgie se poursuit selon l’antique formulaire cappadocien de S. Basile. Il a même conservé aujourd’hui un chant très ancien qui vient de la Liturgie de S. Jacques : « Que fasse silence », remplaçant l’hymne chérubique à la grande procession des offrandes. Anciennement, le saint sacrifice se terminait par la première communion des néophytes Actuellement, la suppression des cérémonies du baptême solennel a raccourci notablement l’ancienne vigile, auquel on a suppléé par la lecture des Actes des Apôtres, par un office de Minuit, par des lectures patristiques et par l’office pascal moderne qui a rejeté à l’arrière-plan l’ancienne vigile, et qui a fini par prendre sa place, celle-ci étant ordinairement anticipée dans la matinée du samedi.

TROPAIRE Mode 1

Le Christ est ressuscité des morts ! par sa mort il a triomphé de la mort ! Il nous délivre du tombeau pour nous donner la vie !

3 AVRIL Mémoire de notre saint père NICÉTAS LE CONFESSEUR., higoumène du monastère de Médicius.

Saint Nicétas naquit à Césarée en Bithynie. Élevé par sa grand-mère paternelle, il se fit, jeune encore, le compagnon d’ascèse d’un vieillard, nommé Étienne, qui s’était retiré près d’un torrent au sud de Césarée. Il entra ensuite dans le monastère de Saint Serge Médicius bâti à Brousse par Saint Nicéphore. Il reçut l’ordination sacerdotale des mains de Saint Taraise, patriarche de Constantinople (785-806), puis la consécration d’higoumène par l’imposition des mains de Saint Nicéphore, successeur de Saint Taraise sur le trône de Constantinople (806-815). Sous l’empereur iconoclaste Léon l’Arménien, il fut retenu longtemps dans une prison infecte, puis exilé en Anatolie et enfermé dans la forteresse de Masalaion. Rappelé à Constantinople par l’empereur qui tenta en vain d’ébranler sa foi, il fut de nouveau exilé dans une île de la Marmara, appelée île de Sainte Glycérie. Le Saint y vécut, accablé de souffrances, pendant six longues années, jusqu’en 820, date de la mort de l’empereur Léon. Son successeur, Michel le Bègue, rappela tous les exilés. Saint Nicétas mourut le 3 avril 824.

Liturgicon, Missel byzantin à l’usage des fidèles, Mgr. Néophytos Edelby

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