Solennité du jour : 4 avril 2021 SAINT ET GRAND DIMANCHE DE PÂQUES

SAINT ET GRAND DIMANCHE DE PAQUES RÉSURRECTION DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS CHRIST

En ce saint et grand jour de Pâques, la prière de l’Église déborde de l’exaltante joie de la Résurrection en une sorte d’ivresse spirituelle, marquée par le pétillement joyeux des cierges, la magnificence des ornements et des chants, le tropaire pascal cent fois répété, les exclamations enthousiastes de la foule, les encensements multiples et la richesse des mélodies. « Embrassons-nous les uns les autres. Appelons frères ceux-là mêmes qui nous haïssent. Pardonnons tout à cause de la Résurrection. » Et tous d’échanger le baiser de la paix et le salut pascal qui sera le seul employé pendant toute cette sainte journée et toute la semaine suivante : « Christ est ressuscité — Oui, vraiment, il est ressuscité. »

La Résurrection du Christ est le fondement de toute notre loi. Elle est aussi le fondement de notre espérance chrétienne, car elle est la garantie de notre salut et de notre propre résurrection. « Si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine ; nous sommes encore dans nos péchés » (I Corinthiens 15, 17-19).

Toute tristesse doit être écartée : Christ est ressuscité, il ne souffre plus. La mort est vaincue, car elle n’est plus, pour le racheté, la fin de tout, mais le début d’une vie nouvelle. Nos péchés sont remis. Rien n’est désormais vain de ce que nous faisons et pâtissons. Tout devient grâce. La Résurrection du Christ est l’éternelle jeunesse du monde.

Le mystère de la Résurrection nous établit au cœur de toute vie surnaturelle. Par son triomphe définitif sur la mort, le Christ Homme est devenu l’auteur de la vie (Actes 3, 15). Le centre de toute l’économie de la Rédemption, c’est le Christ ressuscité.

« C’est la Pâque du Seigneur, dit S. Grégoire de Nazianze. Hier, l’Agneau a été immolé, les portes teintes de son sang, et ce sang nous a valu d’être épargnés par l’Ange exterminateur. Aujourd’hui nous quittons à jamais cette terre d’Égypte… Hier, j’étais cloué sur la croix avec le Christ ; aujourd’hui, je partage son triomphe. Hier, je mourais de sa mort ; aujourd’hui, je vis de sa vie. Hier, j’étais enseveli avec lui ; aujourd’hui, je suis associé à sa Résurrection » (Sermon 45 sur la Sainte Pâque).

Relisons, en guise d’introduction à cette grande et sainte fête, l’homélie de S. Jean Chrysostome que le prêtre a déclamée à la fin de l’Office de matines :

« Que tout homme pieux et aimant Dieu jouisse de cette belle et lumineuse solennité. Que tout serviteur fidèle entre joyeux dans la joie de son maître. Que celui qui s’est donné la peine de jeûner reçoive maintenant le denier qui lui revient. Que celui qui a travaillé dès la première heure reçoive à présent son juste salaire. Si quelqu’un est venu après la troisième heure, qu’il célèbre cette fête dans la reconnaissance. Si quelqu’un est arrivé après la sixième, qu’il n’ait aucune hésitation, car il ne perdra rien. S’il en est un qui a tardé jusqu’à la neuvième heure, qu’il s’approche sans arrière-pensée. Et s’il en est un qui n’est arrivé qu’à la onzième heure, qu’il ne s’effraie pas de sa nonchalance, car le Seigneur est généreux, et il reçoit le dernier aussi bien que le premier. Il admet au repos celui de la onzième heure comme le travailleur de la première. Du dernier, il a pitié, et il prend soin du premier. À celui-ci, il donne ; à l’autre, il fait grâce. Il reçoit l’œuvre, et il accueille avec amour la bonne volonté. Il honore l’action, et il loue le bon propos.

Ainsi donc, entrez tous dans la joie de votre Maître, et les premiers et ceux qui ont suivi, recevez la récompense. Riches et pauvres, fêtez en chœur. Abstinents et insouciants, honorez ce jour. Vous qui avez jeûné et vous qui ne l’avez pas fait, réjouissez-vous aujourd’hui. La table est chargée : festoyez tous. Le veau gras ne manque pas ; que personne ne sorte avec sa faim. Profitez tous du banquet de la foi. Profitez tous des richesses de la bénignité.

Que personne ne se lamente sur sa pauvreté : car notre commun royaume est apparu. Que personne ne se plaigne de ses péchés, car je pardon a jailli du tombeau. Que personne ne craigne la mort, car la mort du Sauveur nous a délivrés. Il l’a éteinte alors qu’il était retenu par elle. Il a dépouillé l’Enfer, celui qui est descendu aux Enfers. Il l’a rempli d’amertume pour avoir goûté de sa chair. Isaïe l’avait prévu, quand il s’écriait : l’Enfer s’est rempli d’amertume lorsqu’il t’a rencontré dans ses profondeurs : amertume d’avoir perdu sa puissance ; amertume d’avoir été joué ; amertume d’avoir été mortifié ; amertume d’avoir été abattu ; amertume d’avoir été enchaîné. Il s’était emparé d’un corps et il s’est trouvé devant un Dieu. Il avait pris de la terre, et il a rencontré le ciel. Il avait pris ce qu’il avait vu, et il est tombé à cause de ce qu’il n’avait pas vu.

O mort, où est ton aiguillon ? Enfer, où est ta victoire ? Le Christ est ressuscité et tu as été précipité. Le Christ est ressuscité et les démons sont tombés. Le Christ est ressuscité et les anges sont dans la joie. Le Christ est ressuscité et la vie a retrouvé ses droits. Le Christ est ressuscité et il n’y a plus un mort au tombeau. Car le Christ ressuscité des morts est devenu prémices des défunts. À Lui gloire et puissance dans les siècles des siècles, Amen. »

CHRIST EST RESSUSCITÉ DES MORTS.

PAR SA MORT VAINQUEUR DE LA MORT,

AUX MORTS IL A DONNÉ LA VIE.

4 AVRIL Mémoire des saints martyrs THÉODULEAGATHOPODE,

et de nos saints pères GEORGES DE MALÉE et JOSEPH EHYMNOGRAPHE.

Théodule, lecteur, et Agathopode, diacre, originaires tous deux de Thessalonique, subirent le martyre au début du IVe siècle. Saint Georges vécut à Malée en Laconie, à une date incertaine.

Quant à Joseph l’Hymnographe, il naquit dans la province de Sicile vers 813. Une invasion arabe, en 827, l’ayant obligé à quitter sa patrie, il vint s’installer avec sa mère et ses frères dans le Péloponèse, puis à Thessalonique. À l’âge de quinze ans, il entra dans un couvent de cette ville, où il reçut l’ordination sacerdotale. Vers 840, il vint à Constantinople avec Saint Grégoire le Décapolite, au moment où l’empereur impie Théophile reprenait la lutte iconoclaste ; les orthodoxes prièrent Saint Grégoire d’envoyer Joseph à Rome afin d’informer le Pontife romain de ce qui se passait. Joseph partit, mais fut fait prisonnier par des corsaires et conduit enchaîné en Crète. Remis en liberté après la mort de Théophile, en 842, Saint Joseph revint à Constantinople. En compagnie de Saint Jean, autre disciple de Saint Grégoire le Décapolite, il se retira pendant plusieurs années au désert, puis auprès de l’église de Saint Chrysostome, où il demeura cinq ans. A la mort de Jean, il construisit là un monastère à lui. Il souffrit généreusement pour la foi orthodoxe et combattit si vaillamment l’impie Bardas que celui-ci l’exila à Cherson. Revenu d’exil, quelques années plus tard, il fut nommé Skévophylax de la Grande Église par Ignace, patriarche pour la seconde fois (867- 877) ; après la mort de ce dernier, il jouit d’une grande estime auprès de Photius, et s’éteignit dans le Seigneur le 3 avril 883. Doué du charisme des hymnes sacrées, il illumina l’Église de ses nombreuses compositions. Beaucoup de canons des Ménées sont de lui ; aussi fut-il appelé l’Hymnographe par excellence.

Liturgicon, Missel byzantin à l’usage des fidèles, Mgr. Néophytos Edelby

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