GRAND SAMEDI Début de la vigile pascale.
Le Christ est endormi au tombeau en attendant l’heure de sa descente aux enfers et de sa Résurrection. La prière de l’Église est toute entière pénétrée d’un profond sentiment de foi et d’espérance .
Au IVe siècle, à Jérusalem, nous apprend la pèlerine Éthérie, la coutume était de veiller dans la nuit du vendredi au samedi en récitant hymnes et antiphones. Dans la journée, les catéchumènes recevaient le baptême et on les conduisait en procession du baptistère à la basilique de la Résurrection, où, vers le soir, se célébrait la Sainte Liturgie.
Aujourd’hui, les matines du Grand Samedi (elles se célèbrent habituellement le vendredi soir) sont caractérisées par un poème en trois stances formant un long «thrène» que les saintes femmes sont censées chanter autour du tombeau. Elles sont suivies d’une nouvelle procession avec l’épitaphios. Cette cérémonie, appelée couramment «Funérailles du Christ», est très populaire en Orient.
Dans l’office de ce jour passe déjà le souffle de la Résurrection, car l’Église sait que l’effacement du Christ n’est que temporaire et que son séjour au tombeau n’est que le sommeil réparateur, succédant à un dur combat et précédant un éclatant triomphe.
Les Vêpres de ce jour, unies à la Liturgie de S. Basile, commencent la grande vigile pascale qui devrait se prolonger sans interruption, par l’office de minuit, les matines et la Liturgie de la Résurrection, jusqu’à l’aurore de Pâques. Elle commençait vers 5 h. du soir par la célébration des vêpres de Pâques, jusqu’au chant de l’hymne à la « joyeuse lumière », avec la bénédiction du feu nouveau et du cierge pascal : vestiges de l’antique usage d’allumer rituellement les lampes au début de toute vigile liturgique, tandis que l’on chantait l’hymne à la « joyeuse lumière ».
Venaient ensuite 15 lectures bibliques de l’Ancien Testament, interrompues par le chant de cantiques scripturaires. Elles nous remettent devant les yeux les épisodes les plus saillants de l’histoire sainte et les figures les plus belles du mystère pascal.
On procédait alors au baptême des catéchumènes, qui occupait une bonne partie de la sainte nuit.
Celle-ci était avancée quand se célébrait la Liturgie, qui commençait sans doute, alors comme aujourd’hui, par le chant du verset : « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ ». Dans l’Épître, l’Apôtre explique le mystère de notre régénération dans le Christ. Au lieu de l’Alléluia ordinaire, on fait suivre la lecture de l’Épître du chant de tout le Psaume 81, dont le dernier verset, employé comme refrain, est pris pour une allusion directe à la Résurrection du Christ. L’Évangile, tiré de S. Matthieu, est l’annonce joyeuse du Christ sorti vivant de son tombeau.
La Liturgie se poursuit selon l’antique formulaire cappadocien de S. Basile. Il a même conservé aujourd’hui un chant très ancien qui vient de la Liturgie de S. Jacques : « Que fasse silence », remplaçant l’hymne chérubique à la grande procession des offrandes. Anciennement, le saint sacrifice se terminait par la première communion des néophytes Actuellement, la suppression des cérémonies du baptême solennel a raccourci notablement l’ancienne vigile, auquel on a suppléé par la lecture des Actes des Apôtres, par un office de Minuit, par des lectures patristiques et par l’office pascal moderne qui a rejeté à l’arrière-plan l’ancienne vigile, et qui a fini par prendre sa place, celle-ci étant ordinairement anticipée dans la matinée du samedi.
TROPAIRE Mode 1
Le Christ est ressuscité des morts ! par sa mort il a triomphé de la mort ! Il nous délivre du tombeau pour nous donner la vie !
4 AVRIL Mémoire des saints martyrs THÉODULEAGATHOPODE,
et de nos saints pères GEORGES DE MALÉE et JOSEPH EHYMNOGRAPHE.
Théodule, lecteur, et Agathopode, diacre, originaires tous deux de Thessalonique, subirent le martyre au début du IVe siècle. Saint Georges vécut à Malée en Laconie, à une date incertaine.
Quant à Joseph l’Hymnographe, il naquit dans la province de Sicile vers 813. Une invasion arabe, en 827, l’ayant obligé à quitter sa patrie, il vint s’installer avec sa mère et ses frères dans le Péloponèse, puis à Thessalonique. À l’âge de quinze ans, il entra dans un couvent de cette ville, où il reçut l’ordination sacerdotale. Vers 840, il vint à Constantinople avec Saint Grégoire le Décapolite, au moment où l’empereur impie Théophile reprenait la lutte iconoclaste ; les orthodoxes prièrent Saint Grégoire d’envoyer Joseph à Rome afin d’informer le Pontife romain de ce qui se passait. Joseph partit, mais fut fait prisonnier par des corsaires et conduit enchaîné en Crète. Remis en liberté après la mort de Théophile, en 842, Saint Joseph revint à Constantinople. En compagnie de Saint Jean, autre disciple de Saint Grégoire le Décapolite, il se retira pendant plusieurs années au désert, puis auprès de l’église de Saint Chrysostome, où il demeura cinq ans. A la mort de Jean, il construisit là un monastère à lui. Il souffrit généreusement pour la foi orthodoxe et combattit si vaillamment l’impie Bardas que celui-ci l’exila à Cherson. Revenu d’exil, quelques années plus tard, il fut nommé Skévophylax de la Grande Église par Ignace, patriarche pour la seconde fois (867- 877) ; après la mort de ce dernier, il jouit d’une grande estime auprès de Photius, et s’éteignit dans le Seigneur le 3 avril 883. Doué du charisme des hymnes sacrées, il illumina l’Église de ses nombreuses compositions. Beaucoup de canons des Ménées sont de lui ; aussi fut-il appelé l’Hymnographe par excellence.
Liturgicon, Missel byzantin à l’usage des fidèles, Mgr. Néophytos Edelby