Solennité du jour : 6 AOUT TRANSFIGURATION DE NOTRE SEIGNEUR, DIEU ET SAUVEUR JESUS CHRIST

Il est probable que cette fête a pour origine la dédicace des églises édifiées sur le mont Thabor. On la trouve au début du Vie siècle chez les Nestoriens et au Vile siècle chez les Syriens occidentaux. Reçue par certaines églises occidentales, elle fut introduite au calendrier romain en 1457 par Callixte III, en action de grâces pour la victoire remportée sur les Turcs par Jean Hunyade.

Parmi les manifestations miraculeuses de la toute puissance du Sauveur, la Transfiguration tient une place exceptionnelle dans la série des préparations progressives par lesquelles le Christ introduisit ses disciples dans sa mission de Rédempteur. La foi des apôtres devait rester fragile jusqu’après la Résurrection. Le Seigneur, connaissant la faiblesse du cœur humain, savait par avance à quel point sa passion et sa mort scandaliseraient ses disciples. Ceux-ci voyaient trop le règne futur de leur maître comme réalisant la royauté temporelle du peuple israélite, selon une perspective bien humaine. Pour de tels esprits, l’échec complet de la mission qu’ils attribuaient au Sauveur sur le plan politique devait naturellement se solder par un désarroi complet des cœurs. Pour les fortifier, Jésus prend avec lui les premiers apôtres, fondement de la communauté naissante, Pierre, Jacques et Jean, et, sur la montagne, il se transfigure devant eux. Il leur montre le resplendissement de la gloire divine débordant sur la nature humaine assumée par le Verbe : Gloire qui nous reste cachée, à nous mortels, mais qui deviendra la joie de nos yeux après la dernière résurrection, tandis que nous verrons Dieu face à face.

Pour les trois apôtres, représentants de l’humanité nouvelle, c’est une théophanie particulière, une démonstration personnelle de la suprématie absolue du Christ, qui se présente entre Moïse et Élie, les deux grands témoins de la Loi et de la Promesse, affirmant ainsi son règne éternel sur tous les temps, sur le commencement et sur la fin.

Au milieu de cet éclat divin qui rayonne aujourd’hui en toute évidence de son corps visible, le Seigneur converse avec Moïse et Élie. « Ils s’entretiennent, nous dit Saint Luc (9, 31) de la mort qu’il va subir à Jérusalem. » Il y a donc une volonté particulière du Seigneur de montrer le lien, en sa Personne, entre la gloire et la Passion sur la croix. Dans l’office byzantin, la préparation à la fête de la Sainte Croix (14 septembre) commence dès aujourd’hui par la lecture, à matines, des Katavassia de cette fête. L’office associe donc très justement la gloire et la croix. C’est tout le sens de la fête d’aujourd’hui. Car, si le Verbe a pris une nature humaine et si, par son incarnation, il a merveilleusement transfiguré en lui cette nature, c’est pour opérer notre salut dans la gloire du Père. Et ce salut, c’est par la croix qu’il nous l’a acheté. C’est pourquoi, nous dit Saint Jean (témoin de la Transfiguration), la gloire du Seigneur brille d’un éclat particulier au jour de sa Passion sur la croix, parce que c’est là qu’il réalise la mission pour laquelle il a divinisé en lui la nature humaine, au jour de l’Incarnation.

Paradoxe pour la sagesse humaine, mais lumière de l’intelligence pour les fils du Royaume. C’est bien l’éclat de la gloire « telle qu’un Fils Unique la tient de son Père » (Jean 1, 14). Mais, si cette gloire transparaît aussi à travers un corps humain, c’est parce que ce corps a été assumé par Dieu, pour vaincre par sa propre mort la mort et le péché.

La Transfiguration annonce la Résurrection du Sauveur et son retour en gloire à la fin des temps. Les apôtres ne le comprirent pas le jour même. « Ils ne savaient ce qu’ils disaient, car ils avaient peur » (Marc 9, 6). Mais l’image restera gravée dans leur cœur, avec les paroles du Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je me suis complu ; écoutez-le » (Marc 9, 7).

Cette manifestation glorieuse est « le sceau de la divine catéchèse qui, peu à peu, prépara les apôtres à leur mission ». Il leur faudra encore l’expérience de l’épreuve, du doute, voire celle du reniement ou de la fuite, pour comprendre — au jour de la Résurrection — la signification de l’événement de ce jour. C’est alors que, purifiés dans l’Esprit Saint, forts dans la foi, ils pourront boire au même calice de souffrance que leur Maître, et participer à sa victoire. « Vous dévorerez la force des nations, ô disciples bien-aimés, et vous serez un objet d’admiration à cause de leurs richesses, car vous serez remplis de gloire, lorsque je vous aurai apparu plus éclatant que le soleil… » (1ère Ode). Ainsi se réalise la divinisation de la nature humaine dans l’homme racheté par l’Incarnation du Verbe. « En ce jour, sur le mont Thabor, le Christ transforma la nature enténébrée d’Adam : l’ayant couverte de son éclat, il la divinisa » (Petites Vêpres).

TROPAIRE Mode 7.

Tu t’es transfiguré sur la montagne. Christ Dieu, montrant à tes disciples ta gloire, autant qu’il leur était possible de la voir. Pour nous aussi, pécheurs, fais briller ta lumière éternelle, par les prières de la Mère de Dieu. O toi qui donnes la lumière, gloire à toi ! (3 fois).

KONDAKION Mode 7.

Tu t’es transfiguré sur la montagne, ô Christ Dieu ; tes disciples contemplèrent ta gloire autant qu’ils en étaient capables, afin de comprendre lorsqu’ils te verront crucifié, que ta passion est librement voulue, et de proclamer au monde que tu es vraiment la Splendeur du Père.

Liturgicon, Missel byzantin à l’usage des fidèles, Mgr. Néophytos Edelby

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