Solennité du jour : 21 mai 2022 SAMEDI DE LA SAMARITAINE

CINQUIEME SEMAINE DE PAQUES

SAMEDI DE LA SAMARITAINE

Jésus, fatigué, est assis simplement à côté de la source, ou, peut-être, appuyé sur la margelle. Il est midi. Les disciples sont allés plus loin s’approvisionner pour le casse-croûte. Le Verbe incarné est fatigué, dans toute l’humilité de sa condition terrestre. Vient une Samaritaine, sa cruche sur la tête, pour puiser de l’eau. Le puits a 39 mètres. Point de treuil. Chacun doit songer à apporter sa corde et son seau. Le voyageur assoiffé doit attendre l’occasion.

Il était donc normal que Jésus, voyageur, demandât à boire. On ne refuse pas à boire à un voyageur !

Pourtant, Jésus n’ignorait pas l’animosité — très vieille — qui régnait entre Juifs et Samaritains.

La Samaritaine a reconnu que Jésus était Juif soit à son accent, soit à ses houppes. Elle s’accorde la coquetterie de faire apprécier son service, en laissant entendre qu’elle sait parfaitement à qui elle a à faire. Jésus prend prétexte de la réflexion de la femme pour l’éclairer.

Dans son entretien, il parle de la vie nouvelle sous l’aspect de l’eau vive, symbole de la grâce sanctifiante, de la vie divine en nous. La Samaritaine est trop fine pour ne pas comprendre que Jésus l’introduisait dans un ordre de choses où il deviendrait difficile de discuter. Craignant de devoir s’avouer vaincue, et positive à la façon des femmes du peuple, elle ramène tout à sa mesure. Comme Nicodème, elle prend les paroles de Jésus dans leur acception la plus étroite, pour conclure sur un ton narquois en invitant Jésus à exécuter ses promesses. Pour la Samaritaine, Jésus n’est encore qu’un thaumaturge mystérieux.

Voyant qu’il n’est plus suivi, Jésus coupe court à ses développements doctrinaux pour frapper un grand coup… La Samaritaine cherche à éluder une explication gênante en ripostant qu’elle n’a pas de mari… Jésus assure qu’elle en a eu cinq. Il s’agit probablement d’unions illégitimes… Jésus pénètre les secrets des consciences. La femme se rend. Souvent les arguments doctrinaux ne servent qu’à discuter… En parlant au cœur, on remue tout l’homme.

Alors la femme propose à Jésus un cas litigieux : encore un dérivatif pour échapper au regard troublant de celui qui sonde sa conscience coupable. Jésus veut bien la suivre, mais en profite pour élargir l’horizon religieux des temps nouveaux. Le différend entre Juifs et Samaritains est devenu oiseux. L’heure de l’universalisme chrétien a sonné. Ce serait retomber dans le judaïsme que de borner ses devoirs envers Dieu à l’accomplissement minutieux de quelques prescriptions positives.

La femme ne comprend pas très bien. Mais elle croit que le Messie mettra d’accord Samaritains et Juifs. Alors Jésus se révèle à elle comme Messie : déclaration extraordinairement nette. Le messianisme de la femme samaritaine n’est pas inféodé, comme celui des Galiléens, à des préjugés politiques. Aussi Jésus ne craint-il pas de se dévoiler.

Les disciples reviennent. Jésus, par son entretien avec la Samaritaine, a été mis dans une telle atmosphère qu’il ne sent plus le besoin de manger. Il attend de continuer son œuvre d’apostolat par la conversion des autres Samaritains.

KONDAKION DE LA SAMARITAINE Mode 8.

Venue avec foi, la Samaritaine au puits te contempla, toi, l’eau de la Sagesse. S’en étant abreuvée avec abondance, elle obtint le royaume d’En-haut pour l’éternité, et sa mémoire est glorieuse.

21 MAI Mémoire des saints illustres , grands couronnés de Dieu

et égaux aux Apôtres, les empereurs CONSTANTIN et HÉLÈNE.

Le saint et grand empereur Constantin était fils de Constance Chlore, César des provinces occidentales de l’empire romain. Il naquit vers 280 à Naisse, près des Dardanelles. En 306, à la mort de son père, il fut proclamé César et son successeur sur le trône. En 312, apprenant que Maxence et Maximin s’étaient ligués contre lui, il envahit l’Italie ; c’est là que, s’avançant à la tête de ses troupes, il vit dans le ciel, une après-midi, au-dessous du soleil, une colonne lumineuse en forme de croix, avec cette inscription : « Par ceci tu vaincras. » Il engagea la bataille le 29 octobre, près du Pont Milvius. Maxence fut vaincu et, poursuivi, se noya dans le Tibre. Le lendemain, Constantin entra triomphalement à Rome ; le Sénat le proclama Auguste et empereur d’Occident, tandis que Licinius restait maître de l’Orient. En 313, un édit fut promulgué par les deux empereurs à Milan, laissant pleine liberté à chacun de rendre, comme il le voudrait, son culte à Dieu. Mais Licinius, jaloux, persécuta de nouveau les chrétiens. Constantin, l’ayant défait à deux reprises, le fit périr enfin en 324. Il restait ainsi seul empereur de l’Occident et de l’Orient. Toute persécution contre l’Église cessa, et le Christianisme triompha. C’est alors qu’il jeta les fondements de la ville appelée de son nom « Constantinople » ; elle fut surnommée « la Nouvelle Rome », parce qu’il y transféra le siège impérial de « l’Ancienne Rome ». Désirant connaître exactement la vraie foi, Constantin réunit à Nicée en 325 les évêques de toute la terre, qui confirmèrent la foi orthodoxe et proclamèrent le Fils consubstantiel au Père, anathématisant Arius, ses partisans et leur blasphème. Le concile était présidé par Osius, évêque de Cordoue en Espagne, et par Vitus et Vincentius, prêtres de l’Église de Rome et légats du bienheureux pape Sylvestre. Saint Constantin envoya en 326 sa propre mère Hélène à Jérusalem, à la recherche du bois sacré sur lequel fut crucifié, selon la chair, le Christ notre Dieu. Hélène le découvrit en 327, puis revint à Constantinople et alla mourir à Rome en 329. Constantin tomba malade à Nicomédie ; il demanda et reçut le saint Baptême et mourut le 22 mai 337. Sa dépouille, transportée à Constantinople, fut déposée dans l’église des Saints Apôtres qu’il avait lui-même bâtie.

Sainte Hélène, morte octogénaire en 329, fut ensevelie à Rome, dans une église ronde, dans un sarcophage en porphyre, sur la voie appelée Lavicane. Ce sarcophage est actuellement conservé au Palais du Vatican.

TROPAIRE Mode 8.

Celui qui vit, dans le ciel, l’image de ta Croix et qui, comme Paul, reçut l’appel sans l’intermédiaire d’aucun homme, ton Apôtre parmi les rois. Seigneur, a remis entre tes mains la capitale de l’empire. Garde-la toujours en paix, par les prières de ta Mère, ô toi le seul ami des hommes.

Liturgicon, Missel byzantin à l’usage des fidèles, Mgr. Néophytos Edelby

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