Solennité du jour : 12 mai 2021 CLÔTURE DE LA FÊTE DE PÂQUES ET AVANT-FÊTE DE L’ASCENSION

En ce saint et grand jour de Pâques, la prière de l’Église déborde de l’exaltante joie de la Résurrection en une sorte d’ivresse spirituelle, marquée par le pétillement joyeux des cierges, la magnificence des ornements et des chants, le tropaire pascal cent fois répété, les exclamations enthousiastes de la foule, les encensements multiples et la richesse des mélodies. « Embrassons-nous les uns les autres. Appelons frères ceux-là mêmes qui nous haïssent. Pardonnons tout à cause de la Résurrection. » Et tous d’échanger le baiser de la paix et le salut pascal qui sera le seul employé pendant toute cette sainte journée et toute la semaine suivante : « Christ est ressuscité — Oui, vraiment, il est ressuscité. »

La Résurrection du Christ est le fondement de toute notre loi. Elle est aussi le fondement de notre espérance chrétienne, car elle est la garantie de notre salut et de notre propre résurrection. « Si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine ; nous sommes encore dans nos péchés » (I Corinthiens 15, 17-19).

Toute tristesse doit être écartée : Christ est ressuscité, il ne souffre plus. La mort est vaincue, car elle n’est plus, pour le racheté, la fin de tout, mais le début d’une vie nouvelle. Nos péchés sont remis. Rien n’est désormais vain de ce que nous faisons et pâtissons. Tout devient grâce. La Résurrection du Christ est l’éternelle jeunesse du monde.

Le mystère de la Résurrection nous établit au cœur de toute vie surnaturelle. Par son triomphe définitif sur la mort, le Christ Homme est devenu l’auteur de la vie (Actes 3, 15). Le centre de toute l’économie de la Rédemption, c’est le Christ ressuscité.

« C’est la Pâque du Seigneur, dit S. Grégoire de Nazianze. Hier, l’Agneau a été immolé, les portes teintes de son sang, et ce sang nous a valu d’être épargnés par l’Ange exterminateur. Aujourd’hui nous quittons à jamais cette terre d’Égypte… Hier, j’étais cloué sur la croix avec le Christ ; aujourd’hui, je partage son triomphe. Hier, je mourais de sa mort ; aujourd’hui, je vis de sa vie. Hier, j’étais enseveli avec lui ; aujourd’hui, je suis associé à sa Résurrection » (Sermon 45 sur la Sainte Pâque).

Relisons, en guise d’introduction à cette grande et sainte fête, l’homélie de S. Jean Chrysostome que le prêtre a déclamée à la fin de l’Office de matines :

« Que tout homme pieux et aimant Dieu jouisse de cette belle et lumineuse solennité. Que tout serviteur fidèle entre joyeux dans la joie de son maître. Que celui qui s’est donné la peine de jeûner reçoive maintenant le denier qui lui revient. Que celui qui a travaillé dès la première heure reçoive à présent son juste salaire. Si quelqu’un est venu après la troisième heure, qu’il célèbre cette fête dans la reconnaissance. Si quelqu’un est arrivé après la sixième, qu’il n’ait aucune hésitation, car il ne perdra rien. S’il en est un qui a tardé jusqu’à la neuvième heure, qu’il s’approche sans arrière-pensée. Et s’il en est un qui n’est arrivé qu’à la onzième heure, qu’il ne s’effraie pas de sa nonchalance, car le Seigneur est généreux, et il reçoit le dernier aussi bien que le premier. Il admet au repos celui de la onzième heure comme le travailleur de la première. Du dernier, il a pitié, et il prend soin du premier. À celui-ci, il donne ; à l’autre, il fait grâce. Il reçoit l’œuvre, et il accueille avec amour la bonne volonté. Il honore l’action, et il loue le bon propos.

Ainsi donc, entrez tous dans la joie de votre Maître, et les premiers et ceux qui ont suivi, recevez la récompense. Riches et pauvres, fêtez en chœur. Abstinents et insouciants, honorez ce jour. Vous qui avez jeûné et vous qui ne l’avez pas fait, réjouissez-vous aujourd’hui. La table est chargée : festoyez tous. Le veau gras ne manque pas ; que personne ne sorte avec sa faim. Profitez tous du banquet de la foi. Profitez tous des richesses de la bénignité.

Que personne ne se lamente sur sa pauvreté : car notre commun royaume est apparu. Que personne ne se plaigne de ses péchés, car je pardon a jailli du tombeau. Que personne ne craigne la mort, car la mort du Sauveur nous a délivrés. Il l’a éteinte alors qu’il était retenu par elle. Il a dépouillé l’Enfer, celui qui est descendu aux Enfers. Il l’a rempli d’amertume pour avoir goûté de sa chair. Isaïe l’avait prévu, quand il s’écriait : l’Enfer s’est rempli d’amertume lorsqu’il t’a rencontré dans ses profondeurs : amertume d’avoir perdu sa puissance ; amertume d’avoir été joué ; amertume d’avoir été mortifié ; amertume d’avoir été abattu ; amertume d’avoir été enchaîné. Il s’était emparé d’un corps et il s’est trouvé devant un Dieu. Il avait pris de la terre, et il a rencontré le ciel. Il avait pris ce qu’il avait vu, et il est tombé à cause de ce qu’il n’avait pas vu.

O mort, où est ton aiguillon ? Enfer, où est ta victoire ? Le Christ est ressuscité et tu as été précipité. Le Christ est ressuscité et les démons sont tombés. Le Christ est ressuscité et les anges sont dans la joie. Le Christ est ressuscité et la vie a retrouvé ses droits. Le Christ est ressuscité et il n’y a plus un mort au tombeau. Car le Christ ressuscité des morts est devenu prémices des défunts. À Lui gloire et puissance dans les siècles des siècles, Amen. »

CHRIST EST RESSUSCITÉ DES MORTS.

PAR SA MORT VAINQUEUR DE LA MORT,

AUX MORTS IL A DONNÉ LA VIE.

12 MAI Mémoire de nos saints pères ÉPIPHANE,

évêque de Chypre, et de Saint GERMAIN, archevêque de Constantinople.

Saint Épiphane naquit vers 315 à Besanduc, petit bourg de Palestine, non loin d’Éleuthéropolis (Beit-Djibrin). Il embrassa la vie monastique sous la direction de Saint Hilarion, puis en Égypte. Il fonda un monastère où il groupa beaucoup de disciples sous sa direction. Il apprit l’hébreu, le copte, le syriaque, le grec et le latin, ce qui le fit surnommer le « Pentaglotte ». Il fut élu vers 367 évêque de Constantia, l’ancienne Salamine, dans l’île de Chypre. Il prêcha en 394 à Jérusalem contre l’Origénisme. Trompé par Théophile, archevêque d’Alexandrie, il vint à Constantinople mais, y ayant suscité des ennuis à Saint Chrysostome, il dut s’embarquer aussitôt pour Chypre et rendit son âme à Dieu durant le trajet, le 12 mai 403. De toutes ses œuvres, la plus estimée est sans contredit le « Panarion » ou « Boîte à remèdes » contenant la démonstration des vérités de la foi et la réfutation de 80 hérésies.

Saint Germain naquit à Constantinople sous l’empereur Héraclius (640-641). Son père, le patrice Justinien, était un homme illustre qui avait occupé de hautes fonctions politiques dans l’empire. Il fut mis à mort par le petit-fils d’Héraclius sous prétexte qu’il convoitait la couronne impériale, et son fils Germain fut mutilé et placé parmi le clergé de la Grande Église, en 668. Le Saint mérita par sa belle conduite d’être ordonné métropolite de Cyzique, vers 705/706, puis d’être promu en 715 au siège de Constantinople. Voyant l’empereur Léon l’Isaurien ardent à détruire les saintes Icônes, après avoir essayé en vain, par ses paroles et ses exhortations, de le détourner de son hérésie, le Saint déposa son Homophorion sur la Table Sainte et se retira en 730 dans sa maison privée. Il mourut vers 733, à un âge avancé, ayant dépassé les 91 ans. Il fut également hymnographe, témoin les nombreux stichères idiomèles signés de lui.

TROPAIRE Mode 4

Dieu de nos Pères, qui nous traites toujours selon ta clémence, ne détourne pas de nous ta pitié, mais, par leurs supplications, dirige en paix notre vie.

Liturgicon, Missel byzantin à l’usage des fidèles, Mgr. Néophytos Edelby

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