Solennité du jour : 2 mai 2024 JEUDI de la semaine de la samaritaine (5ème semaine de Pâques)

Jésus, fatigué, est assis simplement à côté de la source, ou, peut-être, appuyé sur la margelle. Il est midi. Les disciples sont allés plus loin s’approvisionner pour le casse-croûte. Le Verbe incarné est fatigué, dans toute l’humilité de sa condition terrestre. Vient une Samaritaine, sa cruche sur la tête, pour puiser de l’eau. Le puits a 39 mètres. Point de treuil. Chacun doit songer à apporter sa corde et son seau. Le voyageur assoiffé doit attendre l’occasion.

Il était donc normal que Jésus, voyageur, demandât à boire. On ne refuse pas à boire à un voyageur !

Pourtant, Jésus n’ignorait pas l’animosité — très vieille — qui régnait entre Juifs et Samaritains.

La Samaritaine a reconnu que Jésus était Juif soit à son accent, soit à ses houppes. Elle s’accorde la coquetterie de faire apprécier son service, en laissant entendre qu’elle sait parfaitement à qui elle a à faire. Jésus prend prétexte de la réflexion de la femme pour l’éclairer.

Dans son entretien, il parle de la vie nouvelle sous l’aspect de l’eau vive, symbole de la grâce sanctifiante, de la vie divine en nous. La Samaritaine est trop fine pour ne pas comprendre que Jésus l’introduisait dans un ordre de choses où il deviendrait difficile de discuter. Craignant de devoir s’avouer vaincue, et positive à la façon des femmes du peuple, elle ramène tout à sa mesure. Comme Nicodème, elle prend les paroles de Jésus dans leur acception la plus étroite, pour conclure sur un ton narquois en invitant Jésus à exécuter ses promesses. Pour la Samaritaine, Jésus n’est encore qu’un thaumaturge mystérieux.

Voyant qu’il n’est plus suivi, Jésus coupe court à ses développements doctrinaux pour frapper un grand coup… La Samaritaine cherche à éluder une explication gênante en ripostant qu’elle n’a pas de mari… Jésus assure qu’elle en a eu cinq. Il s’agit probablement d’unions illégitimes… Jésus pénètre les secrets des consciences. La femme se rend. Souvent les arguments doctrinaux ne servent qu’à discuter… En parlant au cœur, on remue tout l’homme.

Alors la femme propose à Jésus un cas litigieux : encore un dérivatif pour échapper au regard troublant de celui qui sonde sa conscience coupable. Jésus veut bien la suivre, mais en profite pour élargir l’horizon religieux des temps nouveaux. Le différend entre Juifs et Samaritains est devenu oiseux. L’heure de l’universalisme chrétien a sonné. Ce serait retomber dans le judaïsme que de borner ses devoirs envers Dieu à l’accomplissement minutieux de quelques prescriptions positives.

La femme ne comprend pas très bien. Mais elle croit que le Messie mettra d’accord Samaritains et Juifs. Alors Jésus se révèle à elle comme Messie : déclaration extraordinairement nette. Le messianisme de la femme samaritaine n’est pas inféodé, comme celui des Galiléens, à des préjugés politiques. Aussi Jésus ne craint-il pas de se dévoiler.

Les disciples reviennent. Jésus, par son entretien avec la Samaritaine, a été mis dans une telle atmosphère qu’il ne sent plus le besoin de manger. Il attend de continuer son œuvre d’apostolat par la conversion des autres Samaritains.

KONDAKION DE LA SAMARITAINE Mode 8.

Venue avec foi, la Samaritaine au puits te contempla, toi, l’eau de la Sagesse. S’en étant abreuvée avec abondance, elle obtint le royaume d’En-haut pour l’éternité, et sa mémoire est glorieuse.

2 MAI Translation des reliques de notre saint père ATHANASE LE GRAND.

Saint Athanase naquit probablement à Alexandrie, vers l’an 295 II fut instruit aussi bien dans la littérature profane que dans la connaissance des Saintes Écritures. Il témoigne lui-même avoir été disciple de Saint Antoine le Grand. Selon certains, il aurait été ordonné lecteur par l’archevêque Alexandre en 312, et diacre en 318, Il accompagna en 325 son évêque Alexandre au premier concile oecuménique de Nicée. A la mort d’Alexandre, survenue le 17 avril 328, il fut élu pour lui succéder le 8 juin suivant. Il surpassa tous ses contemporains par son zèle et par sa doctrine de l’Homoousios. Accusé par les ariens, il fut d’abord innocenté à Nicomédie par l’empereur Constantin en 332 ; mais après le faux synode de Tyr de 335, il fut exilé par le même Constantin à Trêves en Gaule, puis rendu à son siège par Constance II, fils de Constantin, en 337. Chassé par l’intrus Grégoire de Cappadoce en 339, il se réfugia auprès de Saint Jules, évêque de Rome, et fut innocenté une première fois au synode tenu à Rome vers 340/341, et une deuxième fois au synode de Sar- dique en 342 ou 343. A la mort de l’intrus Grégoire (345), le Saint remonta sur son siège en 346, confirmant la foi orthodoxe dans toute l’Égypte. Déposé de nouveau en 356 par l’empereur arien Constance, il demeura néanmoins en cachette en Égypte. Quand Julien l’Apostat monta sur le trône impérial en 362, il rentra à Alexandrie pour être de nouveau exilé par Julien, puis par Valens en 365. Il se reposa de ses grandes peines le 2 mai 373 ; il avait passé en exil 17 ans, 6 mois et 20 jours.

Liturgicon, Missel byzantin à l’usage des fidèles, Mgr. Néophytos Edelby

Partagez cet article

Articles récents