Solennité du jour : 12 mai 2026 Mardi de l’aveugle-né et mémoire de nos saints pères Epiphane et Germain.

MARDI DE L’AVEUGLE-NÉ

Pour la fête des Tabernacles de l’an 29, Jésus refuse de monter solennellement à Jérusalem, mais il s’y rend ensuite en cachette. L’évangéliste Jean est le seul à nous raconter ce qui s’est passé à cette occasion (7-10, 21). Un aveugle de naissance, pour exciter la compassion, criait son malheur. Seuls avec leur Maître, les disciples trouvèrent leur franc- parler et, sans plus de réflexion, exprimèrent leur embarras devant ce cas troublant du « problème du mal » : une souffrance ne pouvant être infligée par Dieu sans avoir été méritée, et ce malheureux étant aveugle de naissance, quel est le coupable ?

Jésus sait que la souffrance est loin de répondre toujours à une faute ; Dieu a ses desseins qu’il n’est pas permis de sonder. Mais il sait aussi que, dans le cas présent, Dieu a en vue de mettre en oeuvre sa bonté.

Pour mettre à l’épreuve la confiance de l’aveugle, Jésus lui met sur les yeux un peu de terre délayée dans la salive et lui commande d’aller se laver à la piscine de Siloé : étrange remède ! Jésus seul est capable d’enlever le péché. Et ce miracle est un rappel des eaux du baptême qui accordent la rémission des péchés par la foi dans celui qui est l’Envoyé de Dieu (sens du mot Siloé).

L’homme va, se lave et voit clair. Mais, c’était un jour de sabbat. Jésus venait de s’attirer une nouvelle cause de haine.

Le miracle met en lumière les « prétentions » de Jésus à la filiation divine et, par suite, à l’interprétation de la loi du sabbat. Les Pharisiens mettront tout en oeuvre pour nier la réalité de la guérison, la plaçant, malgré eux, en évidence.

L’évangéliste raconte toutes ces allées et venues, les échappatoires inventés par l’obstination de ceux qui ne veulent pas voir, la crainte qu’inspirent les Pharisiens, le processus de la foi dans une âme sans préjugés. Les Pharisiens n’ont pas été les derniers à nier un fait miraculeux au nom des principes. Tout notre rationalisme en est là.

Le dernier argument des prêtres est de chasser le pauvre homme. C’était lui procurer l’occasion de rencontrer Jésus qui le cherchait. Sa reconnaissance intrépide le disposait à la foi. Et cette foi, portant sur la personne du bienfaiteur, atteignit le Fils de Dieu. Voilà la lumière accordée à cet homme sans culture, tandis que les doctes s’entêtaient dans leur orgueil : « Je vous loue, ô Père…, pour avoir caché ces choses aux sages et aux habiles, et pour les avoir révélées aux petits » (Matthieu 11, 25 et Luc 10, 21).

Ce ne serait rien d’être aveugle ; ce qui est grave, c’est de se croire clairvoyant et de poser comme juste, alors qu’on ne voit rien et qu’on croupit dans le péché.

KONDAKION DE L’AVEUGLE-NÉ Mode 4.

Aveugle des yeux de l’âme, je m’approche de toi, i Christ, comme l’Aveugle-né, te criant dans mon repentir : « Tu es la lumière resplendissante pour ceux qui sont dans les ténèbres ».

12 MAI Mémoire de nos saints pères ÉPIPHANE,

évêque de Chypre, et de Saint GERMAIN, archevêque de Constantinople.

Saint Épiphane naquit vers 315 à Besanduc, petit bourg de Palestine, non loin d’Éleuthéropolis (Beit-Djibrin). Il embrassa la vie monastique sous la direction de Saint Hilarion, puis en Égypte. Il fonda un monastère où il groupa beaucoup de disciples sous sa direction. Il apprit l’hébreu, le copte, le syriaque, le grec et le latin, ce qui le fit surnommer le « Pentaglotte ». Il fut élu vers 367 évêque de Constantia, l’ancienne Salamine, dans l’île de Chypre. Il prêcha en 394 à Jérusalem contre l’Origénisme. Trompé par Théophile, archevêque d’Alexandrie, il vint à Constantinople mais, y ayant suscité des ennuis à Saint Chrysostome, il dut s’embarquer aussitôt pour Chypre et rendit son âme à Dieu durant le trajet, le 12 mai 403. De toutes ses œuvres, la plus estimée est sans contredit le « Panarion » ou « Boîte à remèdes » contenant la démonstration des vérités de la foi et la réfutation de 80 hérésies.

Saint Germain naquit à Constantinople sous l’empereur Héraclius (640-641). Son père, le patrice Justinien, était un homme illustre qui avait occupé de hautes fonctions politiques dans l’empire. Il fut mis à mort par le petit-fils d’Héraclius sous prétexte qu’il convoitait la couronne impériale, et son fils Germain fut mutilé et placé parmi le clergé de la Grande Église, en 668. Le Saint mérita par sa belle conduite d’être ordonné métropolite de Cyzique, vers 705/706, puis d’être promu en 715 au siège de Constantinople. Voyant l’empereur Léon l’Isaurien ardent à détruire les saintes Icônes, après avoir essayé en vain, par ses paroles et ses exhortations, de le détourner de son hérésie, le Saint déposa son Homophorion sur la Table Sainte et se retira en 730 dans sa maison privée. Il mourut vers 733, à un âge avancé, ayant dépassé les 91 ans. Il fut également hymnographe, témoin les nombreux stichères idiomèles signés de lui.

TROPAIRE Mode 4

Dieu de nos Pères, qui nous traites toujours selon ta clémence, ne détourne pas de nous ta pitié, mais, par leurs supplications, dirige en paix notre vie.

Liturgicon, Missel byzantin à l’usage des fidèles, Mgr. Néophytos Edelby

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